Jean-Jacques et Rojo, de retour à Madagascar, tous les deux guéris !

Publié le 21/01/2016
Evènements, Accompagnement d'Enfants Malades
Jean-Jacques et Rojo, de retour à Madagascar, tous les deux guéris !

Vous avez suivi avec émotion Anggun et Florence qui se sont rendues à Madagascar pour accompagner deux petits malades, Rojo et Jean-Jacques. Retrouvez le récit de leur retour par Frédéric, accompagnateur-bénévole d'Aviation Sans Frontières

 

 

" C'est mon ami Jean-Claude qui m'avait fait part de cette mission prévue en binôme pour Madagascar à laquelle j'ai répondu présent bien sûr immédiatement.

Aviation Sans Frontières ayant largement informé ses membres au sujet de l’émission du 5 janvier, c’est avec surprise et beaucoup d’émotion que nous avons découvert en direct tous les acteurs de la chaîne, honorés d'avoir été retenus sans le savoir pour en être le dernier maillon.

Le rendez-vous est fixé pour 8h15 à l’aéroport ce mardi 12 janvier, nous avions pris soin de contacter les familles d'accueil pour avoir des précisions sur les enfants. Malgré l'heure matinale, nous avons récupéré deux enfants resplendissants, pleins de vie avec un petit cœur tout neuf rempli de toute l'affection et de l'amour qu'ils ont reçu durant ces deux mois.

C'est parti pour le circuit enregistrement, négociation pour le "regroupement familial" à bord. Nous partons ensuite en procession vers la zone de contrôle des passeports et documents de voyage. C'est le redoutable moment de la séparation, la rupture de ce cordon affectif qui s'était formé depuis plus de deux mois. Les cris et les pleurs nous touchent. Nous devenons subitement des étrangers qui arrachent ces bambins à leurs familles d’accueil. Nous avons toujours une appréhension pour la suite du voyage : Jean-Claude a connu un accompagnement de Madagascar à CDG avec un bébé qui a pleuré la majeure partie du voyage…

 

Munis d'une poussette qui fait office de "porte bagages" et d’une écharpe "porte Rojo" nous déambulons vers la zone d'embarquement, tandis que Jean-Jacques se déplace sur son cheval à roulettes. Le personnel de l'aéroport les reconnaissent : ce sont de vrais stars, selfies et photos sont de mise, ne manquent que les séances d'autographes ! Malgré le réconfort de tous, les pleurs ne cessent pas, alors je sors l'arme fatale : le carambar. J'ai connu le même à leur âge, il est toujours là pour apaiser les douleurs… Une dernière pose photo devant l'avion et on embarque !

C'est parti pour 11h30 de vol, avec près d'une heure de retard.

Est-ce l'effet magique d'être au ciel,  nos bambins se transforment en deux petits anges, durant tout le vol ils seront d'un calme absolu. Jean-Jacques commence par une grosse sieste quant à Rojo, levé aussi depuis 5 h du matin, il reste très en forme, curieux de tout avec sa formule de tous les instants : « c'est quoi ça ? » Il ne se contente pas de la réponse, il répète tout : avion, hôtesse, carambar, ceinture, chaussure, cendrier, tout y passe.

 

Vient l'heure du repas, Hélène, sa maman d’accueil, avait préparé des barquettes cuisinées pour lui en prévision, mais il honore le plateau-repas en entier. Jean-Jacques a lui un appétit de moineau et se contente de quelques gâteaux et chips qu'il partage avec Rojo. L'appétit viendra un peu plus tard à l'approche de Madagascar.

Il est 15h, on aborde la traversée de l’Afrique : encore 7 heure de vol et mon Rojo est toujours en "activité" ! De petits grognements arrivent, donnant le signal d'extinctions des feux. Il est 19h, heure de Paris. Le petit est donc réveillé depuis 14h. Il pourra être pilote long courrier dans le futur.

On amorce la descente pour une arrivée prévue à minuit. Le retard n'ayant pu être récupéré, nous avons une heure pour tout faire et nous sortirons les derniers de l'avion. C’est ce même avion que nous prendrons pour revenir sur Paris. Le décollage est prévu à 2h00 heure locale.
Pas de passerelles, on descend l'escalier avec les deux petits, la poussette, les bagages cabine sans oublier le cheval à roulettes. !

On se faufile derrière les chaises roulantes prioritaires pour se retrouver dans les premiers au comptoir contrôle sanitaire avant d'attaquer la redoutable file d'attente pour les visas. Le docteur Nivo nous attend pour faciliter notre sortie. L’horloge tourne et nos valises n'arrivent pas... Le docteur Nivo décide alors de passer les enfants l'un après l'autre vers les parents et la famille. Dommage, nous n'aurons pas le plaisir de cet instant unique chargé d’émotions.
Le temps presse pour nous, nous lui donnons les coupons bagages. Elle se chargera d'attendre les valises de Rojo et Jean-Jacques pour que nous puissions nous diriger vers la zone d'enregistrement.

Après l'accord des autorités, nous passons finalement par le hall d'arrivée, les familles sont là dans l'attente des bagages, nous avons juste le temps de faire une photo de groupe et de dire au revoir à Jean-Jacques et Rojo.

 

Deux cartes d'accès à bord nous sont finalement attribuées dans les temps, puis après huit points de contrôle et l’étonnement des fonctionnaires de ne voir aucun visa sur nos passeports, c'est avec grand plaisir que nous montons à bord pour apprécier le vol retour et nous repasser en boucle le film des quelques heures émouvantes que nous venons de passer avec ces bambins qui eux vont s'endormir dans les bras de leurs parents."

Frédéric

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